Mission : Costa Concordia

Le 13 janvier 2012, le Costa Concordia s’échoue à quelques dizaines de mètres des rivages de l’île Giglio. Trente-deux personnes y trouvent la mort alors que l’île devient le théâtre éphémère d’un balai incessant de bateaux, d’engins, d’ingénieurs, de voyeurs gravitant autour de la coque éventrée.
Cet évènement est le point de départ d’une nouvelle histoire, avec la volonté manifeste d’éviter la démesure dans les réponses et le désir trop simpliste d’effacer toutes traces de ce naufrage.
Le projet proposé répond au devoir de mémoire et à la préservation de la côte et des fonds marins. Le démantèlement de l’épave est mis en scène et revalorisé.

Le Costa Concordia fait désormais partie de la vie de l’île. Habitants, travailleurs et touristes ont donc un regard attentif sur le démontage du navire échoué.
Installées sur des points clairement identifiés, des plateformes ou balises géographiques dotées de dispositifs de repérage et d’observation du navire offrent un cadrage particulier vers le Costa Concordia
Ces bases d’observation prennent place sur des éperons rocheux, en ville et sur le port.
Elles changeront d’usage une fois le navire entièrement démantelé pour devenir des socles, accueillant des morceaux du navire transformés en objets et sculptures métalliques tels les Moaï, statues célèbres de l’île de Pâques, faisant face à la mer.
Réutiliser certaines parties du navire apparaît comme une évidence. Cette coque n’est pas seulement un bateau échoué, c’est aussi un tombeau dans lequel ont péri trente-deux personnes. Laisser une partie de ces débris sur place est un hommage aux disparus.
La première action symbolique consiste à isoler et immerger la cheminée du navire pour en faire un mémorial sous-marin portant le nom des trente-deux victimes du naufrage.
Les restes du navire, après démantèlement et dépollution, seront reconditionnés et transformés en fishtank pour favoriser l’enrichissement des fonds marins après les dégâts occasionnés par le naufrage du Costa Concordia.
Cette mise en valeur des fonds marins permet également de redynamiser et d’étendre l’activité de la plongée sous-marine sur l’île.
Certains éléments du navire pourront être confiés à des artistes pour prendre la forme d’installations disposées sur les mêmes socles prévus initialement pour l’observation du démontage du navire.
Ces structures visibles ainsi depuis la ville et depuis la mer, formeront alors des totems en mémoire du naufrage du Costa Concordia.
Le démantèlement du navire et son enlèvement vont modifier à nouveau la perception du paysage de l’île. L’absence de l’épave du Costa Concordia rendra alors leurs visages originels aux paysages insulaires.
Le quai qui aurait pu accueillir le navire sera matérialisé par une fine structure rattachée à la côte.
Un dispositif lumineux (une scénographie) mettra en valeur cet ouvrage aquatique dont l’intensité lumineuse et la couleur pourront varier en fonction des conditions météo et de l’état de la mer.
Cet objet de mémoire, baromètre côtier visible depuis le large, marquera l’emplacement du naufrage du Costa Concordia.